Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Samedi 21 avril 2007

Ariane MNOUCHKINE et Ségolène !

 

« Je voudrais vous parler de sentiments. Car lors d'une élection présidentielle, et pour celle-ci bien plus que pour toute autre, il s'agit aussi de sentiments. Il s'agit d'étonnement d'abord, d'espoir, de confiance, de méfiance, de craintes, et de courage aussi. Il s'agit surtout, je crois, d'un sentiment de genèse. Je n'ai jamais cru que la Genèse fut terminée. Petite fille, je pensais même que, une fois grande personne, je serais fermement conviée à y participer. Et comme, à l'époque, aucun adulte autour de moi ne s'est cru autorisé à me détromper, je le pense toujours.

 

Certains hommes, certaines femmes, savent mieux que d'autres nous rappeler à notre droit et à notre devoir de contribuer à cette genèse, à cette mise au monde d'un meilleur monde. D'un meilleur pays, d'une meilleure ville, d'un meilleur quartier, d'une meilleure rue, d'un meilleur immeuble. D'un meilleur théâtre.

 

Mieux que d'autres, par leur détermination, leur ferveur, leur sincérité, leur intelligence, leur audace, ils nous incitent à entamer ou à reprendre avec joie un combat clair, juste, urgent, possible. Modeste pour les uns, gigantesque pour les autres, mais possible.

 

Pour libérer cet élan, il ne doit y avoir chez les prétendants aucune faconde, aucune forfanterie, aucune vulgarité de comportement, aucun mépris de l'adversaire. Aucune enflure pathologique de l'amour du moi. Aucune goinfrerie.  Aucune clownerie de bas étage, aucun double langage. Aucune mauvaise foi. Non, il doit y avoir une terreur sacrée. Oui. Ils doivent être saisis d'une terreur sacrée devant le poids écrasant de la responsabilité qu'ils ambitionnent de porter, devant l'attente du peuple dont ils quémandent le suffrage avec tant d'insistance. Oui, il faut qu'ils tremblent de la terreur de nous décevoir. Or, pour cela, il leur faut de l'orgueil. Car, sans orgueil, pas de honte. Pas de vergogne.

 

Que de fois, ces jours-ci, je me suis exclamée: «Oh! Il est vraiment sans vergogne, celui-là.» Eh bien, moi, j'espère, je crois, je sais que Ségolène Royal a de la vergogne et donc qu'elle est capable de grande honte si, une fois élue, elle ne réussissait pas à nous entraîner tous et chacun, où que nous soyons, du plus important des ministères jusqu'à la plus humble classe de la plus petite école de France, dans cet herculéen travail qui nous attend et qui consistera à recoudre, à retisser même par endroits, et à poursuivre la formidable tapisserie qu'est la société française. Cet imparfait, cet inachevé mais si précieux ouvrage que, par pure, ou plutôt par impure stratégie de conquête du pouvoir, Nicolas Sarkozy et ses associés s'acharnent à déchirer.

 

Donc, contre la pauvreté, contre le communautarisme, pour la laïcité, pour la rénovation de nos institutions, contre l'échec scolaire, et donc pour la culture, pour l'éducation et donc pour la culture, pour les universités, pour la recherche, et donc pour la culture, pour la préservation de la seule planète vivante connue jusqu'à ce jour, pour une gestion plus vertueuse, plus humaine, donc plus efficace des entreprises, pour l'Europe, pour une solidarité vraie, qu'on pourrait enfin nommer fraternité et qui ne s'arrêterait pas à une misérable frontière mais s'étendrait bien au-delà de la mer, bref, pour une nouvelle pratique de la politique, c'est un immense chantier que cette femme, eh oui, cette femme, nous invite à mettre en œuvre. Et moi, je vote pour ce chantier, donc je vote pour Ségolène Royal.

 

Son adversaire surexcité veut nous vendre, nous fourguer un hypermarché, un vrai Shopping Paradise—très bien situé, remarquez, juste en face de la caserne des CRS, elle-même mitoyenne du nouveau Casino des Jeux concédé à ses amis lorsqu'il était ministre — tandis qu'un troisième… celui-là, à part être président, j'ai du mal à comprendre ce qu'il veut pour nous. Une hibernation tranquille, peut-être ? Pendant ce temps, celui que bien imprudemment certains s'obstinentà classer quatrième alors qu'il y a cinq ans… vous vous souvenez ?

 

Ô ! Nos visages blêmes, nos mains sur nos bouches tremblantes et nos yeux pleins de larmes. Ô ce jour-là nos visages… les avons-nous déjà oubliés ? L'horreur de ce jour-là, l'avons-nous déjà oubliée? La honte de ce jour-là? Voulez-vous les revoir, ces visages? Moi, non.

 

Voilà pourquoi, même si je respecte leurs convictions, et en partage plus d'une, je ne veux pas que ceux qui pratiquent l'opposition radicale, jusqu'à en prôner la professionnalisation durable, nous entraînent dans leur noble impuissance.

 

Voilà pourquoi je pense que nous, le soir, dans nos dîners, devons cesser nos tergiversations de précieux ridicules. C'est du luxe. Un luxe insolent aujourd'hui. Beaucoup dans ce pays ne peuvent se le payer. Ils souffrent. Ils sont mal-logés, ou pas logés. Ils mangent mal. Ils sont mal soignés, ne connaissent pas leurs droits, donc n'ont droità rien. Ni lunettes, ni dents, ni vacances, ni outils de culture. Leurs enfants n'héritent que de leur seule fragilité. Ils souffrent. Ils sont humiliés. Ils ne veulent pas, ils ne peuvent pas, eux, passer un tour. Encore un tour. Jamais leur tour.

 

Alors, dépêchons-nous. Il y a du monde qui attend. Allons-y, bon sang! Il n'y a plus une minute à perdre. Cette femme, eh oui, cette femme porte nos couleurs, elle les porte vaillamment, courageusement, noblement. Et quand je dis couleurs, je ne parle pas des seules trois couleurs de notre drapeau. Je parle des couleurs de la France, celle que j'aime, celle de la citoyenneté vigilante, de la compassion pour les faibles, de la sévérité pour les puissants, de son amour intelligent de la jeunesse, de son hospitalité respectueuse et exigeante… Je parle des couleurs de l'Europe à qui nous manquons et qui nous manque. Voilà pourquoi je vote pour les travaux d'Hercule, je vote pour Ségolène Royal, et je signe son pacte. »

 

• Ariane Mnouchkine•

 

 

 

par ESIMSKI publié dans : e-simski
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mardi 3 avril 2007

28 septembre 1997.  

Amélie Poulain s'envole sur une mobylette le 28 septembre 1997 pour clore le récit de sa vie d’antan ... C’est du moins ce que nous dit une voix off magnifique dont le propriétaire vit à quelques dizaines de mètres de chez moi. On nous donne, en bon voyageur naturaliste rigoureux, en méticuleux aventurier des jungles urbaines, des données atmosphériques, thermiques et barométriques sur le bon air de la capitale. Amélie nous quitte sur un discours digne de Humboldt, de La Pérouse  ou de Théodore Monod…

 Le 28 septembre 1997… 

 

 

  Je ne sais pas et ne saurai peut-être jamais ce que signifie cette date pour le réalisateur. A cette date-là, j'étais dans l'océan Indien avec la Belle, sur une petite île en forme d'hippocampe, l’île de la Lune selon les navigateurs arabes qui venaient y faire des razzias quotidiennes.  Un petit caillou d’un archipel qui déchaîne les passions journalistiques en période d’élections parce qu’il y a là-bas plus de reconduites à la frontière que partout ailleurs en France… Des reconduites à la frontière…

  De quelle frontière parle-t-on ? D’une frontière de paperasses entre le gâchis et la misère ? Entre les wazungus et les clandestins ?

 De celle qui s’étire, infranchissable, pleine d’épines et de ronces saignantes entre les souvenirs et le présent ?

 Le 28 septembre 1997, c'était 2 mois après la signature d'un contrat étrange devant un dieu - que j’ignore et dont je me moque un brin pour tout dire - entre une belle petite catho qui ne voulait pas se marier avec un quidam et un petit crétin gauchiste qui se déguisait en pingouin pour - pensait-il - faire rire les copains. Peut-être la belle y croit-elle à ce dieu punaisé sur deux morceaux de balsa. Mais, comme je lui ai dit un jour de méchante humeur, si elle y croit, elle n’en a pas peur… Moi, déjà, j’avais peur de tout. Pour elle.

 C’est stupide de n’avoir peur de rien pour soi et de ne trembler que pour les autres.

 C’est Monsieur Char, je crois, qui disait qu’être amoureux c’est être toujours inquiet pour l’autre. Il n’a pas tort, Totor Chachar.

 Amélie s’envolait avec son petit ami nouvellement conquis le 28 septembre 1997. Pourquoi le cinéma nous fait-il parfois un tel… cinéma ? Le 28 septembre 1997, j’avais exactement 29 ans et 2 mois. La Belle avait exactement 30 ans, 2 mois et 1 jour. Le contrat avait été signé 2 mois et 2 jours avant… C’est étrange les raccourcis stupides que nous font faire parfois les mathématiques. Des raccourcis sans aucun intérêt, sans aucune valeur. Des petits chiffres auxquels personne ne prend garde. Des petits cailloux que tout le monde piétine. Des petits cailloux . Des petits calculs même pas savants. Tout juste signifiants pour un crétin gauchiste qui geint devant le plan final d’Amélie Poulain… Ah, les petits chiffres, les grands nombres, le nombre d’or et les mathématiques ! Que du vent !

 Je préfère la climatologie. Science inexacte par excellence. Celle des voyageurs naturalistes qui notent dans leurs petits carnets détrempés la température qu’il fait, le degré hygrométrique, la pression atmosphérique, la direction du vent, le nom des libellules et la couleur du ciel.

 Dans mon carnet de voyage, le ciel a toujours la couleur des yeux de la Belle. 

par ESIMSKI publié dans : passer les souvenirs au vitriol
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mardi 3 avril 2007

Merci Jean-Marie !

Il vient de nous promettre la mort des radars hongrois, la fin du permis à POINGS (ça va coigner !), de la norme alcool (5 ou 6 grammes de sang français pur par litre de picrate ?) et de la limite des vitesses sur les autoroutes (c'est vrai que maintenant  on peut rouler à 150 kiloconneries à la seconde  !)

TROP Cool le Beurton de la Trotinette sur merde !

 

Quand est-ce qu'on le pend à la lanterne celui-là ?

par ESIMSKI publié dans : En passant
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander
Mardi 3 avril 2007
Les super héros nous ont confié leur désarroi à l'issue du second tour qui a vu la victoire de leur Héros, SUPER SARKO !

en choeur, ils nous ont tous déclaré :

 

 

Mais qu'est-ce qu'on regrette !

On aurait pas dû voter SARKO !

Maintenant, on est tous au chômage !

Il fait tout le boulot !!!!!!!!!

TROP FORT SARKO !

Un seul super héros nous a déclaré être heureux de l'élection de SUPER SARKO :

par ESIMSKI publié dans : e-simski
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mardi 3 avril 2007
MAIS après ils le REGRETTENT !

 

  il est vert le gars maintenant !

 Batavait qu'à y penser avant !

 

Z'AVAIENT QU'A ETRE MOINS CONS !

par ESIMSKI publié dans : e-simski
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus